Skysails équipe un chalutier

Publié le 11/03/2010 parl'éconaute

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La firme Allemande Skysails a entamé de nouveaux essais de son système de traction aérien de navires, en équipant le plus grand chalutier allemand (141 mètres de long, 15 000 tonnes), le Maartje Theadora. Objectif, tester l’efficacité de ce moteur aérien pendant les activités de chalutage où le navire change fréquemment de direction.

Premiers essais à bord du Maartje Theadora © Skysails

Le chalutier géant Maartje Theadora doit prochainement quitter le port d’Ijmuiden (Pays-bas), pour une longue campagne de pêche qui le conduira dans l’Atlantique Sud, le long de l’Amérique du sud, puis dans le Pacifique sud. Il sera équipé d’un cerf-volant de 160 mètres carrés, chargé de soulager les deux moteurs du chalutier dès que possible. Selon Skysails, cette voile peut fournir une force de traction équivalente à la poussée d’un moteur d’Airbus A318. Après trois cargos dont le premier a été équipé il y a deux ans, le Maartje Theadora est le premier navire de pêche à bénéficier de ce système, avec l’appui du fonds de soutien à la pêche de l’Union européenne. Deux autres cargos sont en construction, selon Skysails.
La voile est fixée sur un petit mât télescopique placé à juste à l’avant du navire. Dès que les conditions le permettent —un vent de force comprise entre 3 et 8 sur l’échelle de Beaufort et une direction faisant un angle inférieur à 50 degrés avec celle du navire—, le cerf-volant est déployé à une altitude comprise entre cent et trois cent mètres —pour trouver des flux plus réguliers— et la puissance des moteurs est réduite (ou maintenue pour gagner en vitesse). L’engin suit une trajectoire de vol en huit face au navire.
Un système permet un arrêt instantané de la traction aérienne: l’un des côté de la voile est décroché, et le cerf-volant flottant librement comme un ruban de tissu est ramené en dix à vingt minutes à bord du navire. Le mât peut ensuite être rétracté. Par rapport à une voile traditionnelle, le gain de puissance par mètre carré de tissu varie d’un facteur 5 à 25, avec l’encombrement du pont en moins, et le tout se gère avec un simple bouton de commande relié à l’ordinateur qui gère le système. La voile est équipée d’un système de signalisation nocturne pour avertir les avions volant à basse altitude.
L’objectif est à terme de réduire de 20% la consommation de carburant, en moyenne. Déployé, le cerf-volant peut fournir de 70% à 150% de la capacité des moteurs. En moyenne, selon les premiers essais, l’économie globale réalisée à bord des premiers navires équipés semble plutôt comprise entre 10% et 15% (soit une économie de mille à mille cinq-cent dollars par jour de navigation). A bord d’un chalutier, compte-tenu des fréquentes manœuvres, l’économie attendue est de l’ordre de 10%.
Mais compte-tenu des coûts de fonctionnement croissants des flottes de navire —notamment en raison de l’entrée en vigueur de normes de pollution plus sévères pour les navires—, le concept vanté par Skysails devrait se faire une place au soleil. L’industriel travaille sur une version plus compacte, pour les petits yachts, ainsi qu’un cerf-volant de 320 mètres carrés pour les navires les plus imposants. Reste à savoir si la pêche à la voile change le goût du poisson et son impact sur les réserves halieutiques!

(Source : mondedurable.science-et-vie.com)

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