Côte-d’Azur : des galettes d’hydrocarbure menacent le littoral

Publié le 04/03/2010 parl'éconaute

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La nappe qui menace les côtes depuis quelques jours s’est transformée en matière solide.

Le BSAD Ailette crédits : MARINE NATIONALE - GEORGES REIG

Qu’est devenue la nappe d’hydrocarbure ?
Celle qui menaçait le littoral de la Côte d’Azur depuis une dizaine de jours après une collision entre le porte-conteneurs le Strauss, navire de la CMA-CGM, et un remorqueur italien. Un accident survenu à la sortie du port de Gênes le 19 février dernier.
Cette grande tâche qui se baladait au large de nos côtes s’est dispersée en se transformant en matière solide, c’est-à-dire en galettes polluantes. Cette nouvelle donne, loin d’éloigner la menace d’une pollution des plages la rend au contraire plus diffuse. Tout simplement car les autorités maritimes n’ont plus à faire à une grande nappe facilement repérable du ciel mais bien à diverses petites zones contenant des galettes pratiquement invisibles du ciel et indétectables par les radars.
En fait, « la situation est complexe et paradoxale » comme l’indique Ingrid Parrot, capitaine et porte-parole de la préfecture maritime de la Méditerranée. Tout en étant plus menaçante car moins visible, cette pollution est aussi en cours de dissolution donc en voie de disparition. Et par nature, elle est moins nocive qu’une nappe brute, du type de celle deversée par l’Erika, qui a fait naufrage le 12 décembre 1999 au large des côtes bretonnes.
D’autre part, ce qui ne simplifie pas le problème, le climat vient perturber les prévisions. « D’un côté, explique Ingrid Parrot, le vent qui souffle fort aujourd’hui joue en notre défaveur. D’un autre, ces rafales agitent la mer et donc brassent les boulettes éparpillées, ce qui accélère leur dissolution. »
Conséquence de toutes ces données : la surveillance s’est déplacée, du large vers les abords du littoral. Des vedettes de la douane et des embarcations des affaires maritimes patrouillent à quelques dizaines de mètres de la terre ferme et un avion survole quotidiennement les côtes. Sans oublier « les acteurs maritimes comme la SNSM (Ndlr = la Société nationale de sauvetage en mer) ou encore les salariés du Parc national de Port-Crau qui ont été sensibilisés », signale la capitaine. Ils doivent faire preuve d’une vigilance accrue.
Il s’agit de réagir au plus vite en cas d’arrivée de boulettes qu’il « faudra ramasser à l’épuisette. Ce sont des morceaux qui ne mesurent pas plus de 10 cm ». En cas de mauvais scénario avec une arrivée importante de pollution de ce type sur les plages, ce sera au tour de Polmarterre (pollution maritime à terre) d’intervenir et d’organiser la riposte. Mais heureusement, on n’en est pas encore là. Et, avec un peu de chance, on y échappera. Pour cette fois !

(Source : laprovence.com)

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Publié dans : Actualités, Environnement