Tempête Xynthia : le secteur nautique et les conchyculteurs durement touchés

Publié le 03/03/2010 parl'éconaute

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Le Journal officiel du 2 mars a publié la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour l’ensemble des communes de Charente-Maritime, des Deux-Sèvres, de Vendée et de la Vienne. Les victimes des inondations ont jusqu’au 31 mars pour déclarer les sinistres à leur assureur, soit un délai légal allongé à trente jours, a indiqué Christine Lagarde.

Le ministre de l’industrie Christian Estrosi a annoncé qu’entre 100 000 € et 500 000 € seront versés « rapidement » aux constructeurs de bateaux de plaisance de Charente-Maritime. Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a proposé de son côté l’installation d’une mission d’information parlementaire sur les raisons des dégâts provoqués par la tempête.

«Dans l’établissement, tout baignait dans 1,30 m d’eau»
« Ce soir, j’ai vraiment le cœur gros. À Charron, à Angoulins, à Bourcefranc-le Chapus, j’ai vu de pauvres gens le regard vide, désarmé. Ils ont tout perdu ! » Représentant des conchyliculteurs de Charente-Maritime, François Patsouris a déjà vécu plusieurs crises, dont la tempête de 1999, aux côtés des paysans de la mer. « Mais cette fois, c’est le coup de trop, dit-il. La filière ne savait déjà pas très bien où elle allait, après deux étés de mortalité des huîtres juvéniles. La tempête par-dessus, c’est terrible. Nos entreprises n’ont plus les moyens de se retourner, il va vraiment falloir que la solidarité joue », déclare le président de la section régionale conchylicole.
La tempête a saccagé les installations littorales, les « cabanes » des producteurs d’huîtres et de moules, certaines sont totalement détruites. « Même si tous les professionnels ne sont pas affectés au même degré, chacune des 1 100 entreprises conchylicoles a subi des dégâts », affirme François Patsouris.
De fait, on observe partout les traces de la subite montée des eaux. Des plastiques, des poches d’huîtres s’accrochent n’importe où, des casiers, des bannes sont échoués en plein champ. Trois jours après le passage de Xynthia, le spectacle reste désolant. « Ici dans l’établissement, tout baignait dans 1,30 m d’eau. Les cercleuses, les ensacheurs, tout notre matériel est inutilisable. Mais je suis plus chanceux que d’autres, je n’ai pas perdu mon véhicule de livraison », raconte Jean-Claude Brochard, producteur d’huîtres à Nieul-sur-Mer.

Les marins pêcheurs sont moins éprouvés
« Notre matériel était vétuste, les assurances vont en tenir compte. Si d’autres aides ne viennent pas, beaucoup d’entreprises ne pourront pas redémarrer », pronostique Philippe Gaboriau, ostréiculteur de Dolus-d’Oléron.
La profession conchylicole n’est pas seule sous le choc. Certains sauniers de l’île de Ré ont perdu en une nuit leur récolte de gros sel des deux dernières saisons. « Ce sel était stocké sur les talus. Nous ne rentrons pas tout à la coopérative », rapporte son président, Loïc Picard. Situé à Ars-en-Ré, le local de la coopérative a pris l’eau. « On n’évalue pas encore les dommages, mais cela va bloquer un moment la commercialisation. »
L’autre incertitude, c’est l’état des marais salants. « Nos carreaux sont sous l’eau. Il en est tant rentré que cela mettra plus d’une semaine à s’évacuer », estime Pascal Dufour, saunier rétais. Les marins pêcheurs, eux, sont moins éprouvés. Les ports de pêche ont mieux résisté que ceux dévolus à la plaisance. Aux Minimes, à La Rochelle, un ponton sur deux est à restaurer.

4500 hectares de terre ont été inondés
Sur la côte vendéenne, l’eau de mer ne s’est pas encore retirée des campings, des terres agricoles ou des installations conchylicoles. Difficile, dans ces conditions, d’évaluer correctement les dégâts causés par la tempête. Selon le président de la Fédération vendéenne de l’hôtellerie de plein air, une dizaine de campings de La Faute-sur-Mer sont sinistrés, dont six très durement. « Les mobile homes inondés sont inutilisables et toute la végétation va mourir à cause de l’eau de mer, constate Franck Chadeau. Les gens vont devoir repartir de zéro. »

(Source : la-croix.com)

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