Dimanche 28 février, les habitants de La Rochelle se sont réveillés dans un paysage d’apocalypse. Du centre-ville aux Minimes en passant par les villes situées en périphérie, tour d’horizon des conséquences de la tempête.
« C’était un véritable raz-de-marée ! » »Bien pire qu’en 1999. » « Mon sous-sol est inondé. » Dans les rues de La Rochelle, les discussions tournaient toutes autour du même sujet ce matin du dimanche 28 février. Pour s’en rendre compte, il suffisait de parcourir les rues et les quais du regard.
L’avenue du Mail, probablement la plus belle avenue de la ville, était un véritable champs de mine. L’océan, tout proche, a ravagé la promenade du front de mer. Des pavés de pierre parsemaient les pelouses, les bas côtés en pierres de taille ont littéralement été arrachés par la puissance des flots. Le sable mouillé, amassé sur la chaussée, empêchait la circulation. Des blocs entiers de goudron ont été décollés du sol près du restaurant étoilé de Richard et Christopher Coutanceau. A quelques encablures de là, sur l’esplanade Saint-Jean-d’Acre, les dépanneuses opéraient un ballet improvisé. Un policier présent sur les lieux témoignait : « vers 6h du matin, les eaux sont montées jusqu’à un mètre au-dessus du niveau du parking. Toutes les voitures stationnées ici ont été soulevées par la mer. » De l’autre côté du vieux-port, une voiture a été emportée et a basculé dans le chenal.
En face, dans le quartier du Gabut, les restaurateurs avaient sorti pompes et serpillières. Les meubles étaient entassés sur les trottoirs. Un des pontons a été soulevé et a dérivé de plusieurs mètres. Des voitures bloquaient de-ci delà la chaussée. Elles avaient été poussées par le vent violent au beau milieu de la route.
Mais ce sont probablement les quais du bassin des Chalutiers qui offraient le spectacle le plus incroyable. Face à l’office de tourisme et derrière l’Aquarium de La Rochelle, deux pontons se sont vrillés sous la puissance des vagues avant d’être soulevés sur les quais. Un catamaran gigantesque chevauchait d’autres bateaux. Les barrières qui protégeaient le chantier du futur parking Saint-Nicolas ont été couchées sur le sol.
En suivant l’avenue Michel Crépeau en direction du quartier des Minimes, les passants réalisaient l’ampleur du désastre. Malgré de nombreuses barrières « route barrée », nombreux étaient les automobilistes à vouloir s’aventurer vers le plus grand port de plaisance d’Europe. Quai du Bout Blanc, les vitrines des magasins d’accastillage ont volé en éclats, brisées par les rafales de vent. Deux bateaux se sont encastrés dans la barrière d’accès du camping du Soleil. Plus loin, avenue du Lazaret, près de la capitainerie du port des Minimes, plusieurs pontons ont été endommagés par la tempête et la violence des flots, mais la majorité des bateaux amarrés semblaient avoir été épargnés.
De retour vers le rond-point de l’Europe, en direction de la Maison de la Charente-Maritime, siège du conseil général, plus d’une dizaine de camions de pompiers arrivaient sur les lieux en tout début d’après-midi. D’après les pompiers, les dégâts, non apparents de l’extérieur, étaient pourtant considérables. La route qui mène à la plage d’Aytréavait été barrée par les forces de l’ordre. Cette commune, située au sud de La Rochelle, a elle aussi été largement dévastée par la tempête.
« La Charente-Maritime est sous les eaux »
Sur la départementale 137, dans le sens La Rochelle-Rochefort, la rocade était fermée au niveau de la sortie Le Marouillet/Les Boucholeurs, une partie de la route étant encore submergée. Les véhicules étaient déviés par la gendarmerie nationale sur des itinéraires secondaires.
Un peu plus au sud, sur la presqu’île de Fouras, la pointe de la Fumée, qui abrite de nombreux ostréiculteurs et permet notamment l’accès aux bacs en direction de l’île d’Aix, était coupée du continent par les eaux.
Au nord de l’agglomération rochelaise, de nombreuses communes ont été ravagées par la tempête. A L’Houmeau, les habitants de la rue Beauséjour ont notamment eu la surprise de découvrir l’extrémité de la voix submergée par les eaux. La mer a très largement inondé la baie de l’Aiguillon. A Nieul-sur-Mer, Esnandes, Charron… plusieurs riverains ont été évacués par voies aérienne et terrestre quand l’état des routes le permettait.
Dans une interview donnée à France Bleu La Rochelle, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports et président du conseil général de Charente-Maritime, affirmait avoir découvert des « paysages terrifiants » de l’hélicoptère qui lui a permis de survoler les zones touchées par la tempête. « La Charente-Maritime est sous les eaux« , a-t-il indiqué avant de préciser qu’il mettait entre parenthèses la campagne électorale qu’il mène actuellement en vue des régionales pour se consacrer pleinement au plan de sauvetage du département. De son côté, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, a annoncé le déblocage d’un fonds d’urgence pour venir en aide aux sinistrés.
(Source : pharedere.com)






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06/04/2010
La tempête a ravagé les sols
Excellent article sur ce sujet http://www.getade.fr/fiches-produits/actualites/sauver-les-sols-apres-la-tempete-xynthia
cdt