Ostréïculture : une surmortalité inexpliquée

Publié le 04/01/2010 parl'éconaute

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Comme l’ensemble de la profession, et malgré la bonne activité de cette fin d’année, Jean-Noël Yvon, ostréiculteur à Locoal-Mendon, craint pour son avenir.

Le 29 décembre, c’était «le grand rush» dans la petite exploitation familiale de Listrec, au fond de la ria d’Étel. «Le lundi, c’est le jour des expéditions». Les commandes sont au rendez-vous et les fêtes 2009 s’annoncent comme un bon cru. Et pourtant, Jean-Noël Yvon n’est pas très serein.

Une surmortalité toujours inexpliquée
«Nous sommes très inquiets pour l’avenir. Nous sortons de deux saisons avec des taux de mortalité catastrophiques. Une troisième comme ça et aucun de nous ne pourra plus survivre.» Comme ses collègues, Jean-Noël est confronté à la surmortalité, toujours inexpliquée, qui touche les jeunes huîtres. Il a perdu 50% de ses naissains en 2008, et 70% cette année. Ayant fait le choix d’un circuit de production long, il pourra encore compter en 2010 sur les huîtres nées en 2007. Contrairement à d’autres ostréiculteurs, qui se préparent à mettre la clef sous la porte dès cette année. «Le printemps prochain sera décisif pour renouveler les stocks.» Chez les Yvon, on est ostréiculteurs de père en fils depuis quatre générations, et Jean-Noël continue à faire son métier «de la manière la plus traditionnelle possible». Il fait partie des 30% d’ostréiculteurs français à n’utiliser que des naissains naturels. Et l’un des deux premiers ostréiculteurs bretons à adhérer au réseau Cohérence, qui promeut un mode de production respectueux de l’environnement.

«Les mêmes erreurs que l’agriculture»
Pour lui, pas de doute, «la profession paye aujourd’hui la note», après avoir reproduit «les mêmes erreurs que l’agriculture intensive». Concentration de la production («cinq écloseries ont remplacé 800 producteurs de naissains naturels»), plus concentration des exploitations («on était 75 dans la ria quand j’ai commencé il y a 30 ans, contre 50 aujourd’hui»), égal surproduction et développement des maladies. «Comme toujours, c’est la nature qui rétablit l’équilibre». Et c’est sur la nature seule, «et non sur la science», que Jean-Noël fonde tous ses espoirs, pour voir se développer des huîtres plus résistantes. En attendant, l’ostréiculteur est en colère, «contre le système», et contre le fait que la profession ne se remette toujours pas en cause. «Si nos entreprises disparaissent, les bâtiments seront-ils remplacés par des maisons secondaires? Quid des parcs à huîtres et de tout un pan de notre culture locale?» Jean-Noël Yvon l’avoue, il a «peur de rester échouer sur un banc de sable, en 2011, à deux ans de la retraite».

(Source : letelegramme.com)

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Publié dans : Actualités, Environnement